Prix de Lausanne 2010 – Rencontre avec Cathy Marston, chorégraphe invitée

Cathy Marston et Christopher Wheeldon sont cette année les chorégraphes conviés par le Prix de Lausanne pour renouveler le répertoire des variations contemporaines proposées aux candidats. Deux jeunes chorégraphes britanniques, issus de la Royal Ballet School, succèdent ainsi aux noms prestigieux de Jiří Kylian et de John Neumeier, responsables successivement de la partie contemporaine lors des quatre dernières éditions du Prix.

Au quatrième jour de la compétition, l’actuelle directrice du Ballet de Berne vient en personne assister aux répétitions sur scène et apporter ses corrections aux candidats ayant choisi l’une de ses variations, qu’elle préfère au demeurant appeler « solos ». Une première l’attend le soir même à Berne. De retour à Lausanne pour la phase des sélections, c’est dans l’atmosphère d’attente inquiète précédant la proclamation des résultats qu’on la rencontre de manière impromptue pour quelques petites questions sur ses chorégraphies.

L’interview de Cathy Marston sur Dansomanie

 

 

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Prix de Lausanne 2010 – Dossier

Comme chaque année, le Prix de Lausanne revient se nicher au coeur de l’hiver, dans son berceau des Alpes suisses. Coupé du monde et de ses ennuis, le Théâtre de Beaulieu, situé sur les hauteurs de la ville, se permet alors, durant six jours, de vibrer au rythme intense d’une compétition très sélective, réunissant un concentré de jeunes talents venus d’un peu partout, et souvent des contrées les plus lointaines. Coeur de l’action du Prix, l’arrière-scène du théâtre, réaménagée pour l’occasion, y accueille dans une rumeur incessante une foule hétéroclite de professeurs ou de parents aux petits soins, entourant des danseurs tendus dans un même effort. Les deux grands studios contigus sont les lieux où, parallèlement, se déploie au fil de la semaine leur ambition commune, celle qui doit les mener jusqu’à la scène, unique lieu de vérité. Voilà pour le cadre général du tableau, brossé à grands traits…

Bien au-delà pourtant du jeu et des enjeux immédiats propres à tout concours, l’effet d’ « image arrêtée » sur un certain état mondial de la danse a, année après année, de quoi maintenir la curiosité de ceux qui s’intéressent de près à l’évolution de cet art en même temps qu’à ses différents visages, lesquels ne se limitent plus à une école, à une contrée, à un continent. Et au fond, malgré les inévitables redites, les artifices répétés et… une Coppélia mille fois entendue, c’est toujours avec le même enthousiasme, et le même désir secret d’assister à l’éclosion d’une nouvelle étoile, qu’on retourne voir Lausanne…

Le dossier complet sur Dansomanie

 

Prix de Lausanne 2009 – Rencontre avec Cynthia Harvey

visuel_450_pxCynthia Harvey débute la danse à Novato, en Californie, avant de poursuivre sa formation à l’Ecole du Ballet National du Canada, à l’Ecole du San Francisco Ballet, à l’Ecole de l’American Ballet et enfin à celle de l’American Ballet Theatre. En 1974, elle rejoint les rangs de l’American Ballet Theatre (ABT), devient soliste en 1978, puis danseuse principale en 1982. Avec l’American Ballet Theatre, Cynthia Harvey danse pour ainsi dire tous les rôles féminins classiques. A partir de 1986, elle est parallèlement danseuse principale invitée du Royal Ballet, où elle interprète à la fois le répertoire classique et les ballets de Frederick Ashton. Jusqu’en 1996, elle danse aussi en tant qu’artiste invitée avec Baryshnikov and Company et Nureyev and Friends. Elle figure également dans plusieurs films et documentaires. Depuis qu’elle a quitté la scène, Cynthia Harvey enseigne pour diverses institutions. Elle a notamment été professeur invité pour la Norwegian National Ballet Company, l’American Ballet Theatre, l’Australian Ballet, le Teatro alla Scala, le Royal Swedish Ballet, le Dresden SemperOper Ballett, la Royal Ballet School et l’English National Ballet School. Co-auteur de « Physics, Dance and the Pas de deux », Madame Harvey a été membre de DanceEast, organisme national pour la danse en Angleterre. Elle a ainsi participé aux débats visant à améliorer la vie des compagnies et des écoles de danse classique. En plus d’enseigner et de monter des ballets, elle fait partie des experts réguliers de la commission pour la formation et l’enseignement de la danse en Grande-Bretagne. Pour le Prix de Lausanne 2009, Cynthia Harvey est professeur de danse classique.

L’interview intégrale  de Cynthia Harvey sur Dansomanie

Prix de Lausanne 2009 – Dossier

visuel_450_pxChaque édition du Prix de Lausanne apporte son lot de modifications, petites ou grandes, dans l’organisation de la semaine de compétition. Le Prix 2009 se situait toutefois, pour l’essentiel, dans la continuité de l’édition précédente. Incidemment – et tout à fait entre nous bien sûr -, cela repose un peu le commentateur et lui évite ainsi d’avoir à répéter ce que le lecteur sait déjà… En attendant d’avoir à évoquer les transformations qui ne manqueront sans doute pas d’advenir l’an prochain, à commencer peut-être par la variation contemporaine… Trêve de prospective, retour à maintenant… Cette continuité avec l’an passé était notamment visible dans le maintien de la journée de sélections du samedi, inaugurée l’an dernier en lieu et place des fameux tours qualificatifs, journée au cours de laquelle tous les participants sans exception présentent leurs deux variations, classique et Neumeier, devant le public du Théâtre de Beaulieu et les membres du jury, présidé cette année par Karen Kain, directrice artistique du Ballet National du Canada. Une très longue journée – et une épreuve pour tout le monde – à l’issue de laquelle une vingtaine de candidats seulement sont choisis – élus en quelque sorte – pour participer à la grand-messe de la finale, diffusée à la télévision, gage universel de célébrité…

Cette année donc, pas de changements significatifs, mais des journées de préparation en amont organisées tout de même de manière sensiblement différente. A cet égard, le programme de la semaine laissait à la fois apparaître une progression logique et cohérente dans l’évaluation des candidats par le jury, et sans doute aussi, parallèlement, une meilleure répartition des plages de repos accordées aux jeunes danseurs, habituellement soumis il est vrai à rude épreuve tôt le matin jusque tard le soir.

Les deux premières journées étaient donc exclusivement réservées aux classes, avec des leçons classique et contemporaine, évaluées dès le mercredi, tandis que les deux journées suivantes permettaient aux candidats d’aborder en profondeur leurs variations en studio, encadrés par les répétiteurs, puis sur scène lors des filages. Les ateliers artistiques, pris en compte par le jury l’an dernier dans l’évaluation des candidats, étaient remplacés cette année par des séances de « coaching » observées par le jury, où la rigueur et surtout la réactivité des danseurs aux corrections et suggestions des répétiteurs pouvaient notamment être jugées. D’abord la classe quotidienne, puis le studio de répétition, enfin la scène… Des exercices d’école à la barre et au milieu jusqu’au travail chorégraphique et scénique… Autour de ces trois pôles était donc concentrée et organisée la semaine de la compétition. A l’image de la vie du danseur.

La tradition à Lausanne, c’est donc aussi celle des répétiteurs qui officient auprès des jeunes danseurs, avec parmi les plus fidèles, Monique Loudières et Sergiu Stefanschi pour les variations du répertoire classique, auxquels s’adjoignaient cette année encore, programme Neumeier oblige, Laura Cazzaniga et Kevin Haigen, issus tous deux du Ballet de Hambourg. Du côté des professeurs, c’est à un renouveau en revanche que nous avons pu assister, comme chaque année du reste, avec, pour le cours classique, Kevin Haigen toujours, mais aussi la mythique Cynthia Harvey de l’ABT – oui, oui, la Kitri de Barychnikov… –, et, pour le cours de contemporain, Georg Reischl, chorégraphe du Scapino Ballet de Rotterdam et danseur dans la compagnie de William Forsythe à Francfort…

Voilà. Le cadre de l’action étant à peu près mis en place, notre Prix de Lausanne peut enfin commencer…

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Prix de Lausanne 2008 – Dossier

C’est sous un soleil radieux et des températures bien peu hivernales, du moins telles qu’on peut les connaître traditionnellement en Suisse à cette période, que Lausanne nous accueille en ce jeudi 31 janvier, deux jours après l’ouverture officielle de son Prix annuel. Mais comme on le verra, ici aussi, les traditions s’usent. Car si le Palais de Beaulieu accueille toujours les candidats sur les hauteurs de la ville, le concours a quant à lui subi, depuis l’an dernier, quelques transformations notables dans son règlement et son organisation.

Cette année, en effet, il n’est plus question de quart de finale ni de demi-finale : tous les candidats sélectionnés pour le Prix – ils sont 74 au total (52 filles et 22 garçons) – sont évalués quatre jours durant et restent à demeure au moins jusqu’au samedi, jour où le jury tranche enfin, à l’issue des épreuves sur scène qui décideront de la petite vingtaine de danseurs considérés dignes de concourir pour la finale du dimanche. Par ailleurs, considérant qu’il était difficile et illusoire d’appréhender de la même manière de jeunes danseurs à la maturité différente (et l’on sait qu’à l’adolescence, une ou deux années en plus ou en moins changent beaucoup les choses), les organisateurs de la compétition ont décidé de regrouper les candidats, pour le travail de répétition des variations, par tranche d’âge, les 15-16 ans d’un côté et les 16-17 ans d’un autre. Les variations classiques qui leur sont proposées ne sont d’ailleurs pas les mêmes. Désormais donc, les danseurs sont vus et notés par le jury lors de deux ateliers – un atelier d’expression artistique et un atelier contemporain – et lors de deux épreuves sur scène au cours desquelles ils doivent présenter une variation classique et une variation de John Neumeier, également Président du jury de cette édition. La note fixée par le jury pour chaque candidat dépend de ces quatre éléments dont aucun n’est privilégié par rapport à l’autre. Encore une fois – même si la présence de John Neumeier y est probablement pour quelque chose -, le Prix de Lausanne, qui n’a au demeurant cessé d’évoluer depuis sa création, se distingue des compétitions de danse traditionnelles, où la technique et la virtuosité classiques restent les critères discriminants de réussite, pour se concentrer davantage sur la dimension artistique et la capacité d’improvisation des danseurs. Cela nous promet en tout cas pour samedi des sélections-marathon, puisque tous les candidats monteront ce jour-là sur scène…

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Prix de Lausanne 2007 – Dossier

Parmi les nombreux concours de danse internationaux jouissant d’un prestige certain, le Prix de Lausanne semble tenir une place à part, et ce, pour diverses raisons. Tout d’abord, il ne sort pas de cette compétition ce qu’on pourrait appeler un Premier Prix, ou encore une Médaille d’Or, suivi d’un Second Prix…etc…, comme il est d’ordinaire le cas ; en effet, le Prix de Lausanne récompense et couronne à égalité plusieurs candidats parvenus jusqu’en finale, des lauréats qui se voient offrir des bourses d’études et de formation dans les meilleures écoles de danse du monde. Ensuite, au-delà du concours proprement dit composé d’un certain nombre d’épreuves (en l’occurrence, une variation classique, une variation de Jiri Kylian et des enchaînements classiques et contemporains pour les 1/4 de finale ; deux variations classiques et une variation de Jiri Kylian pour les demi-finalistes puis pour les finalistes), il présente une dimension hautement formatrice dans la mesure où durant la semaine précédant les demi-finales et la finale, les candidats, tous les candidats présélectionnés par la vidéo avant le concours, se voient « coachés » en quelque sorte par des professeurs de renom.

Le concours a débuté réellement mardi et les candidats ont passé leur première variation classique devant le jury mercredi matin. Je n’ai pas assisté à ces deux premières journées et n’ai donc découvert les candidats que jeudi après-midi. Pour l’essentiel, j’ai assisté au filage des secondes variations classiques des garçons et des filles. Il faut avouer que le programme est très serré et qu’il est physiquement impossible d’assister à la totalité des épreuves, car parallèlement au filage se déroulaient durant cette journée le coaching individuel pour les variations de Kylian et des enchaînements classiques et contemporains devant le jury.

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