Le Miami City Ballet à Paris – Programme

Du 6 au 23 juillet, le Théâtre du Châtelet accueille le Miami City Ballet, dans le cadre du festival des Etés de la danse. Quatorze ballets au total, réunis dans différents programmes, de Balanchine à Wheeldon, en passant par Robbins, Twyla Tharp et Paul Taylor. On espère, en ce mois de juillet, quelques bonnes soirées rafraîchissantes… En attendant, voici le programme day by day :

Et pour plus de détails sur la compagnie, le site du Miami City Ballet

Mercredi 6 juillet
à 20h
Soirée d’ouverture
en hommage
à George Balanchine
et Jerome Robbins
Symphony in Three Movements
(Balanchine-Stravinsky
Afternoon of a Faun
(Robbins-Debussy
Tarantella
 (Balanchine-Gottschalk
Ballet Imperial
 (Balanchine-Tchaikovski)
Jeudi 7 juillet
à 20h
Square Dance
(Balanchine-Corelli/Vivaldi
La Valse
 (Balanchine – Ravel
In the Upper Room
 (Tharp – Glass)
Vendredi 8 juillet
à 12h
Cours en public
Vendredi 8 juillet
à 20h
Square Dance
(Balanchine-Corelli/Vivaldi
La Valse
 (Balanchine-Ravel)
Symphony in Three Movements
(Balanchine-Stravinsky)
Samedi 9 juillet
à 15h
Symphony in Three Movements
(Balanchine-Stravinsky
Afternoon of a Faun

(Robbins-Debussy
Liturgy 
(Wheeldon-Pärt
Ballet Imperial
 (Balanchine-Tchaikovski)
Samedi 9 juillet
à 20h
Square Dance
(Balanchine-Corelli/Vivaldi)
The Four Temperaments/Les Quatre Tempéraments
(Balanchine-Hindemith
In the Upper
 Room (Tharp-Glass)
Dimanche 10 juillet
à partir de 12h
Projection de films 

Mardi 12 juillet
à 20h
The Four Temperaments/Les Quatre Tempéraments
(Balanchine-Hindemith
Promethean Fire 
(Taylor-Bach
Theme and Variations
(Balanchine-Tchaikovski)
Mercredi 13 juillet
à 20h
The Four Temperaments/Les Quatre Tempéraments (Balanchine-Hindemith)
La Valse (Balanchine-Ravel)
Western Symphony (Balanchine-Kay)
Jeudi 14 juillet
à 20h
La Valse (Balanchine-Ravel)
In the Night (Robbins-Chopin
Symphony in Three Movements
(Balanchine-Stravinsky)
Vendredi 15 juillet
à 12h
Cours en public
Vendredi 15 juillet
à 20h
Theme and Variations
(Balanchine-Tchaikovski
Promethean Fire 
(Taylor-Bach
Nine Sinatra Songs
(Tharp-Arlen/Mercer/Cahn)
Samedi 16 juillet
à 15h
Square Dance
(Balanchine-Corelli/Vivaldi
In the Night
 (Robbins-Chopin
Theme and Variations
(Balanchine-Tchaikovski)
Samedi 16 juillet
à 20h
The Four Temperaments/Les Quatre Tempéraments (Balanchine-Hindemith)
Promethean Fire (Taylor-Bach
Western Symphony
 (Balanchine-Kay)
Dimanche 17 juillet
à partir de 12h
Projection de films
Mardi 19 juillet
à 20h
Nine Sinatra Songs
(Tharp-Arlen/Mercer/Cahn
Afternoon of a Faun
 (Robbins-Debussy)
Liturgy (Wheeldon-Pärt)
Ballet Imperial (Balanchine-Tchaikovski)
Mercredi 20 juillet
à 20h
Theme and Variations
(Balanchine-Tchaikovski
Promethean Fire
 (Taylor-Bach
Nine Sinatra Songs
(Tharp-Arlen/Mercer/Cahn)
Jeudi 21 juillet
à 20h
Theme and Variations
(Balanchine-Tchaikovski)
In the Night (Robbins-Chopin)
In the Upper Room (Tharp-Glass)
Vendredi 22 juillet
à 12h
Cours en public
Vendredi 22 juillet
à 20h
Western Symphony (Balanchine-Kay
In the Night
 (Robbins-Chopin
In the Upper Room
 (Tharp-Glass)
Samedi 23 juillet
à 15h
Western Symphony (Balanchine-Kay
Afternoon of a Faun

(Robbins-Debussy
Liturgy
 (Wheeldon-Pärt
Nine Sinatra Songs
(Tharp-Arlen/Mercer/Cahn)
Samedi 23 juillet
à 20h
Square Dance
(Balanchine-Corelli/Vivaldi) 
Afternoon of a Faun

(Robbins-Debussy
Liturgy
 (Wheeldon-Pärt
Ballet Imperial
 (Balanchine-Tchaikovski)
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Spectacle de fin d’études de l’Académie Vaganova – Programme

Spectacle de fin d’études de l’Académie Vaganova
18, 19 et 26 juin 2011

Première partie

Pour le 140ème anniversaire de la naissance d’Alexandre Gorsky

Le Petit Cheval Bossu (extrait) : Scène sous-marine
Musique : Cesare Pugni, Ricardo Drigo, Boris Asafiev
Chorégraphie : Alexandre Gorsky, remontée par Youri Bourlaka

L’Impératrice de la Mer : Isabella Maguire [Grande-Bretagne] (18), Elizaveta Kaukina (19), Olga Smirnova (26)  (élèves de dernière année)
Le Génie de la Mer : Serguéï Strelkov (18, 19), Nikita Nazarov (26) (élèves de dernière année)
L’Océan : Artyom Sorochan (18, 19), Takano Enen [Japon] (26) (élèves de dernière année)
Les Perles : Yana Yashenko et  Sofia Smirnova (18, 19), Arina Varentseva et Ksenia Ananieva (26) (élèves d’avant-dernière année)
Les Deux Coraux : Irina Tolchilshikova et Alexandra Somova (18), Yulia Kobatova & Anastasia Asaben (19, 26) (élèves de dernière année)
Les Algues, la Méduse : élèves de diverses sections de l’Académie Vaganova

En vidéo, la reconstruction de Youri Bourlaka pour le Ballet de Cheliabinsk (2008), et le pas de trois « L’Océan et les Perles », extrait de cette même reconstruction, par les élèves de l’Académie Vaganova (juin 2011)…

 

Deuxième partie: Divertissements

Les 18 et 19 juin (programme identique, à l’exception de La Lettre et Entre nous, uniquement le 18) :

Grande Valse (R. Glière / I. Larionov) – élèves des petites sections et des sections intermédiaires
Pas de deux, extrait de La Légende de l’Amour (A. Melikov / Y. Grigorovich) – Ekaterina Bondarenko (élève de dernière année) et Eldar Yangirov (élèves d’avant-dernière année)
La Lettre (M. Richer / K. Keikhel) – Irina Tolchilshikova (élève de dernière année)
« Gopak », extrait de Taras Boulba (Soloviev-Sedoy / R. Zakharov) – Yaroslav Ryzhov (élève de dernière année) ;  Matiyama Takatosi  et Takano Enen (stagiaires étrangers)
Entre nous (Walter / I. Larionov) – Tatyana Goriushkina (élève de dernière année) et  Gianlucca Sermattei (stagiaire étranger)
Valse de Vienne (J. Strauss / L. Jakobson) – Ekaterina Ulitina (élève de dernière année) et Yaroslav Pushkov (élève d’avant-dernière année)
Intermezzo (G. Puccini / V. Baranov) – Kristina Shapran et Serguéï Strelkov (élèves de dernière année)
Pas de trois, extrait de Paquita (L. Minkus / M. Petipa) – Alexandra Somova (élève de dernière année), Ksenia Shevtsova et Daniil Lopatin (élèves d’avant-dernière année)
« Panaderos » (Danse espagnole), extrait de Raymonda (A. Glazounov / M. Petipa) – Galina Rusina et Vladislav Makarov (élèves de dernière année)

Le 26 :

Pas de deux, extrait de La Fille mal gardée (P. Hertel /A. Gorsky) – Ekaterina Malykhova (élève d’avant-dernière année) et Yaroslav Ryzhov (élève de dernière année)
Duo, extrait du Bal Fantôme (F. Chopin / D. Bryantsev) – Ksenia Shevtsova (élève d’avant-dernière année) et Daniil Starkov (élève de dernière année)
Danse Indienne, extraite de l’acte II de La Bayadère (L. Minkus / M. Petipa) – Irina Tolchilshikova (élève de dernière année), Eldar Yangirov, Yuri Zolotukhin (élève d’avant-dernière année) et les élèves des cours intermédiaires)
Entre nous (Walter / I. Larionov) – Tatyana Goriushkina (élève de dernière année) et  Gianlucca Sermattei (stagiaire étranger)
Pas de deux de l’Oiseau bleu, extrait de La Belle au bois dormant  (P. Tchaïkovsky / M. Petipa) – Ekaterina Bondarenko et Artyom Sorochan (élèves de dernière année)
Pas d’Esclave, extrait du Corsaire (M. Petipa / P. Oldenburgsky) – Ksenia Zhiganshina (élève du premier cours) et Matiyama Takatosi (stagiaire étranger)
Thais (J. Massenet / Roland Petit) – Olga Smirnova et Vladislav Makarov (élèves de dernière année)

En vidéo, le pas de deux de Thaïs, de Roland Petit, merveilleusement dansé par Olga Smirnova et Vladislav Makarov…

Troisième partie

La Bayadère (extrait) : Tableau des Ombres
Musique : Ludwig Minkus
Chorégraphie : Marius Petipa

Nikiya : Olga Smirnova (18, 19) / Kristina Shapran (26) (élèves de dernière année)
Solor : Nikita Nazarov (18, 19) / Serguéï Strelkov (26) (élèves de dernière année)
Première Ombre :  Yulia Kobatova (18), Irina Tolchilchikova (19), Elizaveta Kaukina (26) (élèves de dernière année)
Deuxième Ombre : Anastasia Asaben (18, 19) (élève d’avant-dernière année), Yulia Kobatova (26) (élève de dernière année)
Troisième Ombre : Elizaveta Kaukina (18), Tatyana Goriushkina (19), Alexandra Somova (26) (élèves de dernière année)
Les Ombres : élèves des sections intermédiaires

Et un petit extrait de la Descente des Ombres et de la prestation d’Olga Smirnova…

Filmée des coulisses…

Toutes ces informations sont disponibles, en russe, sur le site de l’Académie Vaganova (cliquez sur les dates pour avoir le programme détaillé, disponible en fichier attaché). J’ai simplement omis de mentionner le nom des différents professeurs et répétiteurs. Pardon pour les éventuelles erreurs de traduction ou de transcription.

Petite revue des spectacles à venir

La nouvelle saison commence pour moi le 19 septembre avec les flonflons du traditionnel Gala des Etoiles du XXIème siècle au TCE, auquel j’ai fait quelques infidélités ces dernières années.  Un « retour aux sources » donc… et sans doute un peu de nostalgie personnelle pour tout ce qui fait le charme pittoresque de ce spectacle, certes des plus « plan-plan » culturellement parlant, mais permettant de faire aussi parfois de belles découvertes. Récapitulons : une organisation absolument immuable – chacun des couples invités  a droit à deux pas de deux, qu’il s’efforce de choisir « contrastés », (ici, il n’y a que Desmond Richardson, voire Daniil Simkin, qui danse tout seul) -, les bande-sons (parfois) crapoteuses qui servent d’accompagnement musical aux danseurs, les acrobaties de l’incontournable Daniil rythmées par les hourrahs d’un public qui ne vient parfois que pour lui, et l’indispensable défilé final réglé par Nadia Veselova-Tencer… Voilà pour le folklore du spectacle… Le lieu est aussi une affaire en soi et pour ma part, j’adore ce théâtre en style Art Déco et son confort bourgeois d’avant le bling-bling. L’affiche de cette année n’est pas (a priori)  unanimement flamboyante (comme d’hab?), mais elle est compensée par un programme un peu plus original que d’ordinaire et par la présence, notamment, de Ekaterina Krysanova et Andreï Merkuriev, un couple du Bolchoï, pas récent-récent mais néanmoins enthousiasmant, qui vaut bien plus qu’un simple détour par le pont de l’Alma et le quartier des Champs-Elysées.

Ça se poursuit avec le spectacle Roland Petit à l’Opéra de Paris. Un programme qui se présente comme des plus intéressant, le plus beau de la saison peut-être avec ces trois merveilleux ballets d’antan qui  en  composent l’affiche. Pour moi, s’il n’y en avait qu’un cette année à l’Opéra, ce serait sans aucun doute celui-là (avec le Roméo et Juliette de printemps quand même). Le Rendez-vous, Le Jeune Homme et la Mort, et surtout Le Loup, donc du Roland Petit d’avant les abyssaux errements proustiens (et combien d’autres?…). A voir à l’usage, mais petit carton jaune quand même pour des distributions qui, dans l’ensemble et sauf exception (on surveillera notamment Le Riche/Ciaravola sur Le Rendez-vous et Pujol/Pech sur Le Loup), apparaissent particulièrement ternes – inutile de faire un dessin de la situation (eh oui, quand on a connu ce qu’on a connu, ma bonne dame!)… Bref, il faudra bien viser pour la/les date(s). Ah oui, j’oubliais, boycott obligatoire de la soirée surtaxée du 22, le Gala AROP qui ouvre désormais en grande pompe la saison de ballet, ça en dit long sur la politique artistique de l’Opéra et son évolution depuis l’époque du Dr Véron. Bienvenue au XIXème siècle!

Au même moment, je suis bien tentée d’aller voir la création de Hofesh Shechter, Political Mother, au Théâtre de la Ville. Je ne connais pas, donc je ne dis rien, mais a priori ce n’est pas pour me déplaire. En parlant du Théâtre de la Ville, je le signale par avance,  le grand Israel Galván s’y produira de nouveau en janvier prochain, dans La Edad de Oro. Rendez-vous est pris.

Début octobre, la création de Preljocaj, Suivront mille ans de calme, réunissant danseurs du Ballet Preljocaj et danseurs du Bolchoï, débarque à Chaillot. Echauffée par Blanche-Neige et plus encore par Siddharta, j’avoue que c’est surtout la curiosité qui m’y conduira, plus qu’une passion débordante pour celui qui est un peu devenu au fil du temps « notre » chorégraphe officiel de la nation (le Pascal Dusapin du ballet?), aussi habile et efficace qu’inodore et inoffensif. On passera sur l’enrobage mystico-théologique en bois massif et « le parcours réflexif autour des grands textes fondateurs entamé depuis plusieurs années » par le chorégraphe, au moins, ce nouveau ballet est-il réglé pour un (relativement) petit ensemble (20 danseurs), ce qui serait plutôt pour rassurer – la musique de Laurent Garnier en revanche un peu moins…

Suivront mille ans de calme (chor. A. Preljocaj) © Damir Yusupov / Théâtre Bolchoï

Retour au classique fin octobre avec deux reconstructions comme on les aime, même si ce ne sont pas là des chefs d’oeuvre : Paquita à l’Opéra de Paris (avec notamment Myriam Ould-Braham prévue dans le rôle-titre, croisons les doigts pour qu’elle soit là!) et La Péri au Staatsballett Berlin (avec Polina Semionova et Beatrice Knop). Là, ça devient presque mission impossible – mais qui sait? -, je rêverais de trouver le temps pour aller voir Onéguine à Londres, à Covent Garden (avec une distribution Cojocaru/Kobborg très tentante, Akane Takada est également distribuée en Olga sur l’une ou l’autre date). Au pire, il y aura sans doute bien d’autres occasions de s’y rendre encore cette année, avec de beaux programmes en perspective.

Cette petite revue automnale se clôt provisoirement sur la date du 1er novembre qui marquera le retour – enfin! – du Mariinsky à Paris pour une date et une seule dans Le Petit Cheval Bossu, et ce sera à nouveau au Théâtre du Châtelet. Etrange tournée qui n’en est pas une, étrange choix de programmation, uniquement motivé par l’engouement actuel de Gergiev pour Chédrine – les deux sont apparemment à tu et à toi. A part ça, le ballet de Ratmansky, vu à Saint-Pétersbourg en 2009, est convenablement réussi, aussi sympathique qu’amusant, et fait, une fois de plus, honneur à son créateur. Mais, inspiré qu’il est d’un conte russe traditionnel globalement ignoré du public occidental (et le ballet n’est pas si évident que ça à suivre si l’on ne connaît pas sa source) et multipliant les références chorégraphiques en forme de clins d’oeil savants, il risque de dérouter dans sa forme, aussi bien les afficionados du Mariinsky que les tenants d’une modernité plus rutilante et existentielle.  Les toiles pittoresques ou néo-gothiques ont disparu, le constructivisme des soviets, revisité  par l’ironie habituelle du chorégraphe, a pris le pouvoir sur scène, et côté ambiance générale, on est loin des langueurs  impériales… A (re)voir donc, sans oeillères et peut-être avec quelques lectures préliminaires.

Viktoria Tereshkina et Mikhaïl Lobukhin, Le Petit Cheval Bossu (chor. A. Ratmansky) © Natasha Razina / Théâtre Mariinsky

 

Nouveau chant du cygne pour le vieux Théâtre Maly?

BREAKING NEWS : Le chorégraphe espagnol Nacho Duato prend la tête d’un ballet russe

J’ajoute ici quelques compléments personnels et désordonnés sur le Théâtre Mikhaïlovsky, beaucoup moins connu en Occident que ne le sont le Mariinsky ou le Bolchoï, les deux grandes institutions nationales en Russie pour le ballet et l’opéra…

Le Théâtre (ex)-Maly (ex)-Moussorgsky, rebaptisé Mikhaïlovsky (son nom d’origine), a été repris en mains en 2007 par le ci-devant « roi de la banane », l’oligarque –  man from nowhere et familier des éclats en tous genres – Vladimir Kekhman, qui a notamment contribué à la restauration du magnifique bâtiment historique (situé Iskustva Plochad – Place des Arts – tout près du Musée Russe, dans le centre de Saint-Pétersbourg) et reconstitué à domicile une troupe, contrainte de survivre, après la Chute du Mur, à coup de tournées au Japon débitant du Casse-noisette et du Lac des cygnes à haute dose, malgré un répertoire historique très riche, comprenant notamment une version intéressante du ballet La Esmeralda... Celle-ci s’est retrouvée placée dans un premier temps sous la houlette artistique de Farukh Ruzimatov (et de la chanteuse Elena Obraztsova pour l’opéra – qui y demeure encore actuellement), puis de Mikhaïl Messerer, nommé en 2009 maître de ballet en chef de la compagnie. Etabli par le Tsar en 1833, devenu un théâtre expérimental et d’avant-garde dans les années 20, sous la direction de Fiodor Lopukhov (Le Clair Ruisseau, Lady Macbeth de Mzensk, parmi d’autres oeuvres, y furent créés…), le « Maly », dont les velléités créatrices ont fini par être freinées par la real politik stalinienne, porte en lui une histoire complexe et houleuse. Il reste par ailleurs le « Maly », le Petit Théâtre, toujours un peu à l’ombre du Grand –  le « Bolchoï » – Théâtre – devenu Mariinsky, temple de l’académisme russe. La compagnie actuelle, qui comprend (on a déjà envie de parler à l’imparfait) 140 danseurs (c’est presque autant que le Ballet de l’Opéra de Paris et plus que le Royal Ballet), illustre cette récente reprise en mains, d’ordre capitalistique et privé (un côté assez flamboyant et nouveau riche dans certaines des récentes productions), et en même temps rassure par la présence dans ses effectifs de grandes personnalités du ballet russe (Zhanna Ayupova, Tatiana Legat, Svetlana Efremova, Alla Ossipenko, Nikita Dolgushin…), garantie d’excellence dans la transmission du répertoire et d’évolution positive pour le niveau technique et artistique de la troupe. Une reconstruction comme celle de Laurencia, ballet héroïque appartenant au répertoire de l’époque soviétique,  témoigne d’ailleurs de la volonté d’améliorer le niveau général de la compagnie, confrontée, à travers l’esthétique du drame-ballet, à de nouvelles exigences, d’ordre stylistique autant que dramatique.

Nacho Duato – qui n’a jamais tu son « amour » immodéré pour le classique et les danseurs classiques* – arrive donc dans une compagnie absolument étrangère au style contemporain occidental (si l’on excepte la première ce mois-ci – apparemment accouchée dans la douleur – d’In a Minor Key de Slava Samodurov, ancien danseur étoile, russe, du Royal Ballet… et du Mariinsky…) – bien loin de la modernité à laquelle ont pu s’ouvrir le Bolchoï et le Mariinsky depuis quelques années, façonnant des danseurs dont l’excellence technique parvient à s’accommoder d’une certaine (et heureusement relative – merci Gillot pour la leçon à ne jamais reproduire…) versatilité stylistique. A partir de janvier 2011, il en sera non pas le « chorégraphe invité » ou « résident » (ce qui, ma foi, pourrait éventuellement s’entendre dans une perspective d’évolution à long terme de la troupe), mais bien le « directeur créatif » (étrange appellation, j’en conviens…). Dans un élan d’optimisme messianique aussi ridicule qu’effrayant, Vladimir Kekhman, l’homme d’affaires de la Nouvelle Russie, nous présente ainsi l’avenir radieux du Mikhaïlovsky globalisé, dirigé par Duato – qui s’apprêterait à faire bientôt trembler sur leurs assises les plus grandes institutions chorégraphiques du pays et du monde (rien que ça!) :  « L’opportunité de travailler sous la houlette d’un tel Maître [Nacho Duato] est à la fois un privilège et une responsabilité : notre troupe va adopter le style, les idiomes et la vision chorégraphique d’un grand artiste dont la mission est de définir l’avenir du ballet international. » Mikhaïl Messerer, l’actuel maître de ballet en chef, n’aurait paraît-il pas encore été consulté (les bonnes vieilles méthodes… on coupe les têtes d’abord, on établit le verdict ensuite…), mais peut-on penser une seule seconde qu’un compromis sur la programmation artistique soit possible… et voir Corsaire, Halte de Cavalerie, Cipollino ou Le Lac 1956 cohabiter paisiblement avec les créations du « nouveau Petipa » de la Russie – comme ils disent?… Comparaison n’est pas raison,  et théâtre privé n’est pas théâtre public, mais essayez d’imaginer juste un seul instant, de ce côté-ci de l’Europe, Wayne McGregor prendre la tête du Royal Ballet ou Angelin Preljocaj succéder à Brigitte Lefèvre en tant que directeur de la danse à l’Opéra National de Paris? (et dans les deux cas, le fossé culturel entre les uns et les autres serait bien moins abyssal)… Tout de suite, on fait moins les malins avec les discours rebattus sur le nécessaire dépoussiérage du répertoire russe en particulier et du répertoire classique en général (par des quinquas à l’inspiration tarie, mués en apparatchiks de la danse?)… et ça remet les pendules à l’heure pour tout le monde, hein?…

Pour une analyse fouillée de la situation, qui paraît cependant passablement floue et incertaine en l’état actuel des choses (quid du répertoire? quid de la programmation (déjà fixée pour plusieurs mois)? quid de l’organigramme? quid de la troupe présente (140 danseurs pour les pièces de Nacho, c’est peut-être un peu beaucoup? quid du recrutement et des engagements? quid des liens historiques avec l’Académie Vaganova? quid de ce Modern Dance Festival in St-Petersburg déjà prévu pour le printemps 2011 (pour concurrencer celui du Mariinsky sans doute)?…), je renvoie à l’article, toujours passionnant (et sans doute éminemment discutable sur certains points), d’Ismene Brown, sur le site The Arts Desk. Nul doute que les questions et les commentaires ne tarderont à affluer en masse – une fois la troupe, danseurs, pédagogues ou maîtres de ballet, revenue de « vacances » et entrée dans le bain de la saison. Il faudrait être, je crois, d’une totale naïveté ou bien d’une complète mauvaise foi pour penser que désormais, la Russie, réactionnaire et passéiste, va enfin pouvoir réaliser son aggiornamento artistique – par la grâce d’un Messie nommé Duato? – et que par conséquent, « tout ira pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles », celui où tout le monde ressemblera à tout le monde.

Inutile de dire enfin que cette information confère une autre tonalité à mes compte-rendus de la tournée londonienne et à l’interview complémentaire que j’ai faite de M. Messerer, censée illustrer le propos des reconstructions de ballets du répertoire soviétique… J’ai comme l’impression aujourd’hui d’avoir accompagné le cercueil d’une compagnie qui, avec ses forces et ses faiblesses, ses grandeurs et ses ridicules, ni fabuleux Bolchoï ni glorieux Mariinsky, tentait malgré tout de vivre – et plus qu’honorablement – ce qu’elle était…

De tout coeur avec la troupe, de Borchenko, image sur papier glacé de la tournée londonienne, jusqu’au dernier corps de ballet  recruté en juin dernier – hard times, once again

Edit du 22 août : Environ un mois après l’annonce de la reprise de la direction du Ballet du Mikhaïlovsky par Nacho Duato, le New York Times publie un article, signé Roslyn Sulcas, sur le sujet. Informatif, intéressant même, mais pas vraiment polémique, c’est le moins qu’on puisse en dire : The Goal: A Modern(ish) Mikhailovsky

 

 

 

* voir ses derniers éclats en date dans le numéro de mai de Dance Europe, dirigés contre le Corella Ballet et les danseurs espagnols à l’étranger, qualifiés avec une certaine condescendance de simples virtuoses (de cirque?)… Que dire alors de ceux du Mikhaïlovsky qui n’en sont même pas – au sens latino du terme?… Cela  étant dit, on trouve aussi des choses très justes dans ses propos : une compagnie de ballet classique, ça commence par une école et ça n’est viable qu’à ce prix-là…

 


Xème Festival du Mariinsky (15-25 avril 2010) – Programme

15 avril
Anna Karénine – Première

Ballet en deux actes d’après le roman de Léon Tolstoï
Musique : Rodion Shchedrin
Chorégraphie : Alexeï Ratmansky
Directeur musical : Valéry Gergiev
Décors : Mikael Melbye
Vidéos : Wendall Harrington
Lumières : Jørn Melin
Conception dramatique : Martin Tulinius
Assistante du chorégraphe : Tatiana Ratmanskaya
Production de l’Opéra National de Pologne (Théâtre Wielki)

Anna Karénine : Diana Vichneva
Alexeï Karénine : Islom Baimuradov
Comte Vronsky : Konstantin Zverev
Princesse Shcherbatskaya (Kitty) : Evguénia Obraztsova
Stepan Oblonsky (Steve) : Dmitri Pikhachov
Daria Oblonskaya (Dolly) : Maya Dumchenko
Konstantin Levin : Filipp Stepin
Princesse Betsy : Sofia Gumerova

16 avril
Anna Karénine – Première

Ballet en deux actes d’après le roman de Léon Tolstoï
Musique : Rodion Shchedrin
Chorégraphie : Alexeï Ratmansky
Directeur musical : Valéry Gergiev
Décors : Mikael Melbye
Vidéos : Wendall Harrington
Lumières : Jørn Melin
Conception dramatique : Martin Tulinius
Assistante du chorégraphe : Tatiana Ratmanskaya
Production de l’Opéra National de Pologne (Théâtre Wielki)

Anna Karénine : Uliana Lopatkina
Alexeï Karénine : Sergueï Berezhnoï
Comte Vronsky : Yuri Smekalov
Princesse Shcherbatskaya (Kitty) : Svetlana Ivanova
Stepan Oblonsky (Steve) : Ruben Bobovnikov
Daria Oblonskaya (Dolly) : Yulia Kasenkova
Konstantin Levin : Alexeï Timofeev
Princesse Betsy : Alexandra Iosifidi

 

Alexei Ratmansky dirigeant une répétition d’Anna Karénine

17 avril
Roméo et Juliette

Ballet en trois actes et treize scènes
Musique : Sergueï Prokofiev
Chorégraphie : Léonide Lavrovsky (1940)
Livret : Andrian Piotrovsky, Sergueï Prokofiev, Sergueï Radlov et Léonide Lavrovsky, d’après la tragédie de William Shakespeare
Décors et costumes : Piotr Williams
Création : 11 janvier 1940, Théâtre Kirov, Léningrad

Juliette : Polina Semionova (Staatsballett Berlin)
Roméo : Vladimir Shklyarov
Tybalt : Ilya Kuznetsov
Mercutio : Alexandre Serguéïev

18 avril

La Bayadère

Centenaire de la naissance de Vakhtang Chabukiani
Ballet en trois actes
Musique : Ludwig Minkus
Chorégraphie : Marius Petipa (1877), révisée par Vladimir Ponomarev et Vakhtang Chabukiani (1941), avec des danses de Konstantin Sergueïev et Nikolaï Zubkovsky
Livret : Marius Petipa et Sergueï Khudekov
Décors : Mikhaïl Shishliannikov, d’après les décors d’Adolph Kvapp, Konstantin Ivanov, Piotr Lambin et Orest Allegri (production de 1900)
Costumes : Evguéni Ponomarev (production de 1900)
Lumières : Mikhaïl Shishliannikov
Création : 1877, Théâtre Bolchoï, Saint-Pétersbourg

Nikiya : Viktoria Tereshkina
Solor : Igor Zelensky
Gamzatti : Anastasia Matvienko

La Bayadère

19 avril
Carmen Suite – Etudes – Apollon

Carmen Suite – Première

Musique : Georges Bizet – Rodion Shchedrin
Chorégraphie : Alberto Alonso
Chorégraphe  de la production : Viktor Barykin
Décors : Boris Messerer

Carmen : Uliana Lopatkina
Jose : Danila Korsuntsev
Torero : Evguéni Ivanchenko

Etudes – Première d’une nouvelle version de la production

Musique : Carl Czerny
Arrangements : Knudege Riisager
Chorégraphie : Harald Lander (1948), remontée par Johnny Eliasen
Lumières : Alexander Naymov
Première : 15 janvier 1948, Ballet Royal du Danemark, Théâtre Royal, Copenhague,
Première au Théâtre Mariinsky : 18 avril 2003
Première de la nouvelle version : 27 février 2010

Avec Alina Somova, Filipp Steppin, Denis Matvienko, Alexandre Serguéïev

Apollon

Ballet en deux scènes
Musique : Igor Stravinsky (Apollon musagète)
Chorégraphie : George Balanchine (1928)
Livret : Igor Stravinsky
Version montée par Francia Russell
Décors et lumières originaux : Ronald Bates
Lumières : Vladimir Lukasevitch
Première mondiale : 12 juin 1928, Les Ballets Russes de Serge de Diaghilev, Théâtre Sarah Bernhardt, Paris
Première au Théâtre Mariinsky : 30 avril 1998

Apollon : Andrian Fadeev
Terpsichore : Anastasia Matvienko
Polymnie : Irina Golub
Calliope : Yana Selina

Uliana Lopatkina, Carmen Suite

20 avril
Giselle

Centenaire de la naissance de Tatiana Vecheslova

Ballet fantastique en deux actes
Musique : Adolphe Adam
Chorégraphie : Jean Coralli, Jules Perrot et Marius Petipa
Livret : Vernoy de Saint-Georges, Théophile Gautier et Jean Coralli
Décors : Igor Ivanov
Costumes : Irina Press
Consultant pour la reconstruction de la production (1978) : Yuri Slonimsky

Giselle : Natalia Osipova (Ballet du Bolchoï)
Albrecht : Léonide Sarafanov
Hans : Ilya Kuznetsov
Myrtha : Ekaterina Kondaurova

21 avril
Le Lac des cygnes

Ballet fantastique en trois actes et quatre scènes
Musique : Piotr Tchaïkovsky
Chorégraphie : Marius Petipa et Lev Ivanov (1895), révisée par Konstantin Serguéiev (1950)
Livret : Vladimir Begichev et Vassili Geltzer
Décors : Igor Ivanov
Costumes : Galina Soloviova
Création : 20 février 1877, Théâtre Bolchoï, Moscou (chorégraphie de Julius Reisinger)
Création à Saint-Pétersbourg: 15 janvier 1895, Théâtre Mariinsky  (chorégraphie de Lev Ivanov et Marius Petipa)
Version de Kontantin Serguéïev : 8 mars 1950, Théâtre Kirov, Léningrad

Odette-Odile : Svetlana Zakharova (Ballet du Bolchoï)
Siegfried : Andreï Uvarov (Ballet du Bolchoï)
Rothbart : Konstantin Zverev
Les Amis du Prince : Yana Selina, Valeria Martiniuk, Maxim Zyuzin
Le Bouffon : Grigory Popov

22 avril
Giselle
(Mats Ek)

Ballet en deux actes
Chorégraphie : Mats Ek
Musique : Adolphe Adam
Décors et costumes : Marie-Louise Ekman
Lumières : Jorgen Jansson
Chorégraphes – Assistants de la production : Ana Laguna, Monica Mengarelli
Décors – Assistant de la production : Peter Freiij
Costumes – Assistant de la production : Katrin Brännström

Ballet de l’Opéra de Lyon, dir. Yorgos Loukos

Giselle (Mats Ek)

23 avril
Soirée « Jeunes Chorégraphes » – Smekalov / Faski / Liang

Factory Bolero – Première

Musique : Maurice Ravel
Chorégraphie : Yuri Smekalov
Technical Designer : Alexander Letsius
Costumes : Tatiana Noginova
Lumières : Kamil Kutyev

Avec Viktoria Tereshkina
Anton Korsakov, Karen Ioannissian,
Alexander Sergueïev, Konstantin Zverev, Maxim Zyuzin,
Anton Pimonov, Danila Korsuntsev

Simple Things – Première

Musique : Arvo Pärt
Chorégraphie : Emil Faski
Costumes : Jérôme Marchand
Lumières : Vladimir Lukasevitch

Avec Ekaterina Kondaurova
Maxim Zyuzin, Anton Pimonov, Alexeï Timoféïev,
Fyodor Murashov, Ilya Petrov, Rafael Musin,
Vassili Tkachenko

Flight of Angels – Première

Musique : Marin Marais, John Taverner
Chorégraphie : Edwaard Liang

Avec Olesia Novikova et Léonide Sarafanov
Margarita Frolova, Anastasia Mikheikina,
Olga Gromova,
Kirill Safin, Ilya Levai, Filipp Stepin, Oleg Demchenko

24 avril
La Belle au bois dormant

Ballet-féerie en trois actes avec un prologue et une apothéose
Musique : Piotr Tchaïkovsky
Chorégraphie : Marius Petipa, révisée par Konstantin Serguéïev (1952)
Livret : Ivan Vsevolozhsky, Marius Petipa, d’après les contes de Charles Perrault
Décors et costumes : Simon Virsaladze
Création : 3 janvier 1890, Théâtre Mariinsky, Saint-Pétersbourg
Version révisée par Serguéïev : 25 mars 1952, Théâtre Kirov, Léningrad

Aurore : Alina Somova
Désiré : David Hallberg (ABT)
La Fée des Lilas : Daria Vasnetsova
La Fée Diamant : Valeria Martiniuk
La Princesse Florine : Oxana Skorik
L’Oiseau bleu : Maxim Zyuzin

25 avril

Gala-concert

Immortal Beloved

Musique : Philip Glass
Chorégraphie : Edwaard Liang
Décors et lumières : Edwaard Liang
Costumes : Yana Serebryakova
Directeur musical : Alexandre Novikov

Avec Igor Zelensky, Anna Zharova, Natalia Yershova, Elena Lytkina et les artistes du Ballet de Novossibirsk

Rubis
Musique : Igor Stravinsky
Chorégraphie : George Balanchine
Version montée par Karin von Aroldingen, Sarah Leland, Elyse Borne et Sean Lavery
Scénographie : Sean Lavery (1967)
Costumes : Karinska (1967)
Recréations des costumes supervisée par Holly Hines
Lumière originale : Ronald Bates
Lumière : Perry Silvey
Première mondiale : 13 avril 1967, New York City Ballet, New York State Theater
Première au Théâtre Mariinsky : 30 octobre 1999, Saint-Pétersbourg

Avec Hélène Bouchet (Ballet de Hambourg), Andrian Fadeev, Ekaterina Kondaurova

Divertissement

Scènes et pas de deux tirés de ballets et de compositions chorégraphiques

Avec Alina Cojocaru (Royal Ballet Covent Garden),
Uliana Lopatkina, Irma Nioradze,
Viktoria Tereshkina,
Ekaterina Kondaurova, Olesia Novikova
David Hallberg (American Ballet Theatre),
Martin Vedel (Béjart Ballet Lausanne),
Denis Matvienko, Léonide Sarafanov, Ilya Kuznetsov,
Vladimir Shklyarov

Igor Zelensky, Immortal Beloved