Prix de Lausanne 2009 – Dossier

visuel_450_pxChaque édition du Prix de Lausanne apporte son lot de modifications, petites ou grandes, dans l’organisation de la semaine de compétition. Le Prix 2009 se situait toutefois, pour l’essentiel, dans la continuité de l’édition précédente. Incidemment – et tout à fait entre nous bien sûr -, cela repose un peu le commentateur et lui évite ainsi d’avoir à répéter ce que le lecteur sait déjà… En attendant d’avoir à évoquer les transformations qui ne manqueront sans doute pas d’advenir l’an prochain, à commencer peut-être par la variation contemporaine… Trêve de prospective, retour à maintenant… Cette continuité avec l’an passé était notamment visible dans le maintien de la journée de sélections du samedi, inaugurée l’an dernier en lieu et place des fameux tours qualificatifs, journée au cours de laquelle tous les participants sans exception présentent leurs deux variations, classique et Neumeier, devant le public du Théâtre de Beaulieu et les membres du jury, présidé cette année par Karen Kain, directrice artistique du Ballet National du Canada. Une très longue journée – et une épreuve pour tout le monde – à l’issue de laquelle une vingtaine de candidats seulement sont choisis – élus en quelque sorte – pour participer à la grand-messe de la finale, diffusée à la télévision, gage universel de célébrité…

Cette année donc, pas de changements significatifs, mais des journées de préparation en amont organisées tout de même de manière sensiblement différente. A cet égard, le programme de la semaine laissait à la fois apparaître une progression logique et cohérente dans l’évaluation des candidats par le jury, et sans doute aussi, parallèlement, une meilleure répartition des plages de repos accordées aux jeunes danseurs, habituellement soumis il est vrai à rude épreuve tôt le matin jusque tard le soir.

Les deux premières journées étaient donc exclusivement réservées aux classes, avec des leçons classique et contemporaine, évaluées dès le mercredi, tandis que les deux journées suivantes permettaient aux candidats d’aborder en profondeur leurs variations en studio, encadrés par les répétiteurs, puis sur scène lors des filages. Les ateliers artistiques, pris en compte par le jury l’an dernier dans l’évaluation des candidats, étaient remplacés cette année par des séances de « coaching » observées par le jury, où la rigueur et surtout la réactivité des danseurs aux corrections et suggestions des répétiteurs pouvaient notamment être jugées. D’abord la classe quotidienne, puis le studio de répétition, enfin la scène… Des exercices d’école à la barre et au milieu jusqu’au travail chorégraphique et scénique… Autour de ces trois pôles était donc concentrée et organisée la semaine de la compétition. A l’image de la vie du danseur.

La tradition à Lausanne, c’est donc aussi celle des répétiteurs qui officient auprès des jeunes danseurs, avec parmi les plus fidèles, Monique Loudières et Sergiu Stefanschi pour les variations du répertoire classique, auxquels s’adjoignaient cette année encore, programme Neumeier oblige, Laura Cazzaniga et Kevin Haigen, issus tous deux du Ballet de Hambourg. Du côté des professeurs, c’est à un renouveau en revanche que nous avons pu assister, comme chaque année du reste, avec, pour le cours classique, Kevin Haigen toujours, mais aussi la mythique Cynthia Harvey de l’ABT – oui, oui, la Kitri de Barychnikov… –, et, pour le cours de contemporain, Georg Reischl, chorégraphe du Scapino Ballet de Rotterdam et danseur dans la compagnie de William Forsythe à Francfort…

Voilà. Le cadre de l’action étant à peu près mis en place, notre Prix de Lausanne peut enfin commencer…

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« Comme un rêve » – Entretiens avec Dominique Khalfouni, Mathieu Ganio et Marlène Ionesco

comme_un_reve_13« Tout est parti d’une rencontre. Dans un premier temps, c’est Larrio Ekson, avec lequel j’avais tourné Le Rêve d’Othello, qui m’a présenté Dominique Khalfouni et plus ou moins suggéré de faire un film sur elle. Cette rencontre avait eu lieu à l’occasion de la projection du Rêve d’Othello que Dominique avait du reste beaucoup apprécié. Je n’étais pas opposée à l’idée de Larrio, mais j’ignorais alors ce qui allait advenir de tout cela. C’est petit à petit que le projet s’est imposé à moi. J’ai pourtant mis au moins deux ans pour convaincre Dominique Khalfouni de l’intérêt de ce tournage. Ensuite, il a fallu la découvrir peu à peu, car elle ne se livre pas facilement. Au fond, ce film a été une aventure, comme tout film, mais une aventure progressive, en même temps qu’une amitié magnifique. Très rapidement, il est apparu évident qu’il fallait également évoquer Mathieu Ganio dans le portrait de Dominique Khalfouni, autrement dit la transmission de la mère au fils. Il venait d’être nommé étoile et les points communs entre leurs deux trajectoires sautaient aux yeux. »

Marlène IonescoA l’occasion de la sortie en dvd du film de Marlène Ionesco consacré à Dominique Khalfouni et Mathieu Ganio, une rencontre avec les différents protagonistes s’imposait.

Entretiens avec Dominique Khalfouni, Mathieu Ganio et Marlène Ionesco sur Dansomanie

Sablé-sur-Sarthe – Rencontre avec les chorégraphes Béatrice Massin et Marie-Geneviève Massé

Au départ danseuse contemporaine, Béatrice Massin rejoint la compagnie Ris et Danceries en 1983. Tour à tour interprète, puis assistante et collaboratrice de Francine Lancelot sur diverses productions, elle s’intéresse à la chorégraphie avant de fonder en 1993 sa propre troupe, Fêtes Galantes. A l’occasion du 30ème Festival de Musique Baroque de Sablé-sur-Sarthe (19-23 août 2008), la compagnie Fêtes Galantes présentait Un air de Folies, spectacle chorégraphique et musical pour cinq danseurs, un baryton et deux instrumentistes, mêlant divers airs de cour aux Folies d’Espagne de Marin Marais.

De formation classique, Marie-Geneviève Massé découvre la danse baroque en 1980 auprès de Francine Lancelot et de la compagnie Ris et Danceries, dont elle devient l’une des principales interprètes. En 1985, elle fonde sa propre troupe, L’Eventail, installée depuis 2001 à Sablé-sur-Sarthe. C’est dans le cadre du 30ème Festival de Musique Baroque de Sablé-sur- Sarthe (19-23 août 2008) que nous avons pu rencontrer Marie-Geneviève Massé qui y présentait sa dernière création, Le Ballet des Arts, à l’origine ballet de cour de Jean-Baptiste Lully et Isaac de Benserade. Chorégraphiée par Marie-Geneviève Massé et mise en scène par Vincent Tavernier, cette première mondiale était placée sous la direction musicale d’Hugo Reyne et de son ensemble, La Simphonie du Marais.

Entretiens avec Béatrice Massin et Marie-Geneviève Massé sur Dansomanie

Ballerina – Rencontre avec le réalisateur Bertrand Normand

Bertrand Normand raconte la genèse de Ballerina, dans lequel il suit cinq ballerines du Mariinsky.

Comment est né le film Ballerina?

J’ai voulu découvrir la Russie à travers ce qu’elle a de meilleur. Dans les années 1990, lors de la chute du Mur, j’ai éprouvé la curiosité de connaître ce pays. J’ai eu la possibilité d’effectuer plusieurs voyages en Russie avec des amis et de découvrir Saint-Pétersbourg. Cela se passait en hiver, la ville était sous la neige, et c’était magique. J’ai vraiment été fasciné par cette cité. Tous les soirs, je me rendais au Théâtre Mariinsky et j’assistais à un spectacle. A l’époque, on l’appelait encore le Kirov.  C’était en 1995, l’année même où le Kirov est redevenu le Mariinsky. J’ai été émerveillé par ce théâtre, à la fois par le public, jeune, familial, élégant, par les spectacles et les interprètes, mais aussi par tout le reste, la salle, le hall d’entrée, le bâtiment. Des années plus tard, j’ai décidé de retourner à Saint-Pétersbourg pour explorer à nouveau ce théâtre. C’est en ayant accès aux couloirs, aux salles de répétition, aux coulisses, que j’ai remarqué les ballerines. Très vite, j’ai compris que je voulais en faire le sujet d’un film.

L’interview intégrale de Bertrand Normand sur Dansomanie

Prix de Lausanne 2008 – Dossier

C’est sous un soleil radieux et des températures bien peu hivernales, du moins telles qu’on peut les connaître traditionnellement en Suisse à cette période, que Lausanne nous accueille en ce jeudi 31 janvier, deux jours après l’ouverture officielle de son Prix annuel. Mais comme on le verra, ici aussi, les traditions s’usent. Car si le Palais de Beaulieu accueille toujours les candidats sur les hauteurs de la ville, le concours a quant à lui subi, depuis l’an dernier, quelques transformations notables dans son règlement et son organisation.

Cette année, en effet, il n’est plus question de quart de finale ni de demi-finale : tous les candidats sélectionnés pour le Prix – ils sont 74 au total (52 filles et 22 garçons) – sont évalués quatre jours durant et restent à demeure au moins jusqu’au samedi, jour où le jury tranche enfin, à l’issue des épreuves sur scène qui décideront de la petite vingtaine de danseurs considérés dignes de concourir pour la finale du dimanche. Par ailleurs, considérant qu’il était difficile et illusoire d’appréhender de la même manière de jeunes danseurs à la maturité différente (et l’on sait qu’à l’adolescence, une ou deux années en plus ou en moins changent beaucoup les choses), les organisateurs de la compétition ont décidé de regrouper les candidats, pour le travail de répétition des variations, par tranche d’âge, les 15-16 ans d’un côté et les 16-17 ans d’un autre. Les variations classiques qui leur sont proposées ne sont d’ailleurs pas les mêmes. Désormais donc, les danseurs sont vus et notés par le jury lors de deux ateliers – un atelier d’expression artistique et un atelier contemporain – et lors de deux épreuves sur scène au cours desquelles ils doivent présenter une variation classique et une variation de John Neumeier, également Président du jury de cette édition. La note fixée par le jury pour chaque candidat dépend de ces quatre éléments dont aucun n’est privilégié par rapport à l’autre. Encore une fois – même si la présence de John Neumeier y est probablement pour quelque chose -, le Prix de Lausanne, qui n’a au demeurant cessé d’évoluer depuis sa création, se distingue des compétitions de danse traditionnelles, où la technique et la virtuosité classiques restent les critères discriminants de réussite, pour se concentrer davantage sur la dimension artistique et la capacité d’improvisation des danseurs. Cela nous promet en tout cas pour samedi des sélections-marathon, puisque tous les candidats monteront ce jour-là sur scène…

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Prix de Lausanne 2007 – Dossier

Parmi les nombreux concours de danse internationaux jouissant d’un prestige certain, le Prix de Lausanne semble tenir une place à part, et ce, pour diverses raisons. Tout d’abord, il ne sort pas de cette compétition ce qu’on pourrait appeler un Premier Prix, ou encore une Médaille d’Or, suivi d’un Second Prix…etc…, comme il est d’ordinaire le cas ; en effet, le Prix de Lausanne récompense et couronne à égalité plusieurs candidats parvenus jusqu’en finale, des lauréats qui se voient offrir des bourses d’études et de formation dans les meilleures écoles de danse du monde. Ensuite, au-delà du concours proprement dit composé d’un certain nombre d’épreuves (en l’occurrence, une variation classique, une variation de Jiri Kylian et des enchaînements classiques et contemporains pour les 1/4 de finale ; deux variations classiques et une variation de Jiri Kylian pour les demi-finalistes puis pour les finalistes), il présente une dimension hautement formatrice dans la mesure où durant la semaine précédant les demi-finales et la finale, les candidats, tous les candidats présélectionnés par la vidéo avant le concours, se voient « coachés » en quelque sorte par des professeurs de renom.

Le concours a débuté réellement mardi et les candidats ont passé leur première variation classique devant le jury mercredi matin. Je n’ai pas assisté à ces deux premières journées et n’ai donc découvert les candidats que jeudi après-midi. Pour l’essentiel, j’ai assisté au filage des secondes variations classiques des garçons et des filles. Il faut avouer que le programme est très serré et qu’il est physiquement impossible d’assister à la totalité des épreuves, car parallèlement au filage se déroulaient durant cette journée le coaching individuel pour les variations de Kylian et des enchaînements classiques et contemporains devant le jury.

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Londres – Tournée du Bolchoï – Rencontre avec Alexeï Ratmansky

summer2009_ratmansky2Alexeï Ratmansky, occupe depuis 2004 les fonctions de directeur du Ballet du Bolchoï, l’une des plus prestigieuses compagnies classiques du monde. Pour Dansomanie, M. Ratmansky  a accepté d’évoquer l’héritage laissé par les Soviétiques dans le domaine chorégraphique, avec ses faiblesses et ses forces. Les ouvrages de cette période sont mal connus en Occident, et Alexeï Ratmansky s’est attaché à faire revivre ceux dont la valeur artistique le justifiait à ses yeux : Le Clair ruisseau et Le Boulon, sur des musiques de Dimitri Chostakovitch, sont ainsi déjà revenus au répertoire du Bolchoï. Explications :

L’interview d’Alexeï Ratmansky sur Dansomanie

clairruisseau200305sj2Le Clair Ruisseau (chor. A. Ratmansky) – « Apothéose »  © Damir Yusupov / Théâtre Bolchoï