Rencontre avec Bruna Gondoni, danseuse, chorégraphe et professeur spécialisée dans les danses de la Renaissance italienne

En parallèle au Festival de Sablé, dédié au répertoire baroque, se déroule chaque année l’Académie Internationale de Danses et Musiques Anciennes de Sablé. Celle-ci accueille durant dix jours chanteurs, musiciens et danseurs venus du monde entier pour des stages de formation et de perfectionnement dans la discipline qui leur est propre, mais aussi dans les disciplines annexes. La spécificité de l’enseignement de cette Académie s’est en effet développée autour de la relation, caractéristique du monde baroque, entre la musique et la danse, souvent perdue aujourd’hui. A côté des traditionnels ateliers instrumentaux ou de chant sont ainsi proposés un cours de gestuelle et de déclamation baroques, ainsi que divers enseignements chorégraphiques autour du répertoire spécifiquement baroque (XVIIème siècle) et celui de la Renaissance italienne (XVème et XVIème siècles).

Bruna Gondoni est danseuse, chorégraphe, et à Sablé, elle enseigne les danses de la Renaissance italienne – la Renaissance française, avec notamment son fameux «branle», étant encore une autre affaire. Dans le continent méconnu et souvent peu considéré des «danses anciennes», nul doute que la Renaissance fait figure de monde encore plus marginal et lointain. Pourtant, les danses qu’elle transmet possèdent non seulement de quoi séduire un oeil d’esthète contemporain, mais permettent aussi de lui faire appréhender au plus près – et de manière assez troublante, il faut bien le dire – ce qui fait l’essence de la danse dite «classique», souvent réduite en France au seul académisme versaillais, dont le langage n’a pourtant été structuré et théorisé qu’au XVIIème siècle.

Dans son cours, qui débute par un lent échauffement comportant quelques postures de yoga, on entend des mots charmants tels que «basse-danse», «gaillarde», «canarie», «pavane», «spagnoleta»…, autant de noms de danses oubliées, que l’on ne connaît plus guère aujourd’hui que par la musique. La grammaire des pas, si lointaine et si proche à la fois, est entièrement déclinée en italien. La «basse-danse», une danse apparue au début du XVème siècle, longuement abordée dans le cours du matin, est la chose à la fois la plus simple et la plus noble qui soit : une marche lente, solennelle et majestueuse, qui esquisse ce qui deviendra le « relevé ». Les pas de base, toujours identiques, peuvent être combinés à l’infini selon différentes mesures. Peu à peu, les danses de cour se complexifient, s’ornent de pas virtuoses, s’imprègnent d’influences espagnoles, avec notamment des frappés et des battus, pour apparaître au fond bien différentes au XVIème siècle de ce qu’elles étaient au siècle précédent.

Mais laissons Bruna Gondoni, personnalité lumineuse à l’image de l’esprit de la Renaissance qu’elle transmet à travers ses danses, nous en dire plus là-dessus…

Entretien avec Bruna Gondoni sur Dansomanie

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